Les biais cognitifs - visioconférence grand public avec Albert Moukheiber

Les biais cognitifs - visioconférence grand public avec Albert Moukheiber

Introduction à la psychologie et aux neurosciences

Présentation d'Albert

  • Albert se présente comme docteur en neuroscience et psychologue clinicien, ayant débuté ses études sur les troubles anxieux.
  • Il a fondé une structure nommée Kasma, qui s'intéresse à la manière dont la population générale forme des opinions et interagit avec le monde.

Thèmes de discussion

  • La discussion portera principalement sur l'incertitude et son impact sur notre perception de la réalité, notamment en lien avec des événements comme la pandémie de COVID-19.

Pourquoi ne pensons-nous pas tous la même chose ?

Question initiale

  • Albert pose une question provocante : pourquoi n'avons-nous pas tous les mêmes opinions ?

Réponses possibles

  • Deux réponses courantes émergent :
  • Chacun a une expérience de vie unique influencée par son environnement.
  • Les différences génétiques jouent également un rôle dans nos perceptions.

L'expérience de pensée pour comprendre les différences d'opinion

Hypothèse du jumeau

  • Albert propose une expérience de pensée impliquant un frère jumeau pour éliminer les facteurs génétiques et environnementaux.

Interaction sociale limitée

  • Dans cette hypothèse, bien que les jumeaux partagent le même environnement immédiat, ils peuvent toujours développer des pensées différentes.

Facteurs biologiques influençant notre perception

Limites perceptives

  • Trois points clés expliquent pourquoi nous ne pensons pas tous pareil :
  • Notre perception est biaisée ; nous ne pouvons pas tout voir ou comprendre.
  • L'attention humaine est limitée, ce qui affecte notre capacité à traiter l'information.

Comprendre la mémoire et la perception

La nature subjective de la mémoire

  • Chaque individu retient des éléments différents d'une même expérience, influencé par son environnement et ses choix personnels.
  • Les souvenirs varient selon les actions observées; par exemple, une personne peut se souvenir d'un détail tandis qu'une autre se concentre sur un autre aspect.

Modèle théorique de la cognition

  • Le livre "Surfing Uncertainty" d'Andy Clark explore comment notre cerveau fonctionne comme une machine à prédictions, reliant cognition et perception.
  • La cognition incarnée est discutée, soulignant l'importance des informations internes et externes dans le processus de compréhension.

Limites biologiques de la perception

  • Les différences dans l'attention et la perception entre individus expliquent pourquoi nous ne retenons pas les mêmes détails lors d'événements communs.
  • Si tous les individus pouvaient stocker toutes les informations disponibles, il y aurait probablement plus de consensus sur divers sujets.

Impact des expériences personnelles sur les choix

  • Les motivations personnelles influencent fortement nos décisions; par exemple, quelqu'un pourrait choisir une carrière médicale en raison d'une expérience familiale avec une maladie.
  • Nos ressources cognitives sont limitées; nous ne pouvons pas être au courant de tout ce qui existe dans le monde.

L'interaction entre corps et esprit

  • Une distinction historique a été faite entre le corps et l'esprit, mais il est crucial de reconnaître que nos limitations biologiques affectent notre cognition.

La Complexité de la Connaissance et l'Épistémologie

L'Incapacité à Traiter les Informations

  • Le conférencier aborde la difficulté humaine à retenir et traiter des informations complexes, soulevant une question fondamentale sur notre espèce.

Introduction à l'Épistémologie

  • L'épistémologie est présentée comme le champ d'étude qui examine comment nous acquérons des connaissances et ce que signifie "savoir".
  • Historiquement, l'acquisition de connaissance se faisait par intuition, acceptant ce qui semblait logique sans méthode rigoureuse.

Pratiques Médicales Historiques

  • Une pratique médicale courante pendant 2000 ans était la saignée, basée sur une compréhension intuitive des maladies.
  • Un exemple illustratif : un médecin en 1560 pourrait penser que saigner un patient malade aiderait à éliminer la maladie, ignorant le rôle du système immunitaire.

Corrélations Erronées

  • Les médecins pouvaient conclure que la saignée fonctionnait simplement parce que certains patients guérissaient après cette pratique.
  • Le cerveau humain a tendance à établir des liens entre événements sans comprendre les véritables causes sous-jacentes.

Exemples de Corrélations Absurdes

  • Des corrélations amusantes sont mentionnées, comme celle entre le nombre de films avec Nicolas Cage et les noyades dans des piscines.
  • D'autres exemples incluent une corrélation entre les cas de COVID et le nombre de McDonald's dans un pays.

Politiques Publiques Basées sur des Corrélations Erronées

  • Dans les années 50, une corrélation entre les ventes de glaces et les cas de polio a conduit à des recommandations absurdes contre la consommation de glace.
  • Les autorités ont agi en pensant que les glaces étaient contaminées alors qu'il s'agissait d'une coïncidence due aux températures élevées favorisant tant la consommation de glace que la propagation du virus.

Importance des Variables Confondantes

  • Il est crucial d'examiner toutes les variables avant d'établir un lien causal ; ici, il s'agit d'une saisonnalité non prise en compte dans l'analyse initiale.

Comprendre le traitement prédictif du cerveau

Modèles théoriques et leur importance

  • Le livre mentionné présente un modèle théorique sur la façon dont notre cerveau crée du sens à partir du monde extérieur et intérieur, en introduisant le concept de "processing prédictif".
  • Il est crucial d'avoir des modèles théoriques explicites pour comprendre pourquoi certaines choses fonctionnent, comme illustré par des formules scientifiques telles que E=mc² dans la relativité générale.
  • Les modèles théoriques peuvent varier en solidité selon les disciplines; ils sont plus robustes en physique qu'en psychologie, mais tous influencent notre compréhension.
  • Nos cerveaux créent également des modèles théoriques implicites basés sur nos expériences et a priori, qui ne sont pas toujours conscients ou explicites.
  • Ces modèles, appelés "cartes", ne représentent jamais fidèlement le territoire réel; il est essentiel de reconnaître leurs limites.

Perception et interprétation du monde

  • La perception n'est pas objective; elle est influencée par nos modèles internes. Nous allons explorer comment nous percevons et interprétons le monde autour de nous.
  • Un exemple visuel avec une danseuse illustre comment différentes personnes peuvent voir des mouvements opposés selon leur perception individuelle.
  • En observant la danseuse, 80 % des gens voient un mouvement dans un sens tandis que 20 % voient l'inverse; cela soulève des questions sur les mécanismes perceptuels sous-jacents.
  • L'illusion d'optique provient d'un manque d'informations de profondeur, ce qui rend difficile pour notre cerveau de déterminer la position relative des parties du corps de la danseuse.

Comprendre l'ambiguïté dans la perception

La danseuse et l'orientation de la rotation

  • Les traits et couleurs ajoutés à la danseuse permettent de percevoir son orientation, en montrant le rouge passant devant ou derrière le bleu, ce qui indique la direction de sa rotation.
  • Ce phénomène est un exemple de "stimuli ambigu", car il manque d'informations claires pour déterminer le sens de la rotation. On parle ici d'un stimuli ambigu bistable, pouvant être interprété de deux manières.

Stabilisation de l'ambiguïté

  • Pour stabiliser cette ambiguïté, on peut ajouter des informations qui orientent notre perception vers une direction spécifique (sens horaire ou antihoraire).
  • Environ 20 % des gens perçoivent uniquement le sens inverse. Cela pourrait être lié à des traitements cognitifs similaires à ceux observés chez les droitiers et gauchers.

A priori visuels et réduction de l'ambiguïté

  • En fixant notre regard sur la danseuse pendant quelques secondes, nous formons un a priori visuel qui aide à réduire l'ambiguïté perçue.
  • Dans les situations ambigües, nous avons tendance à projeter nos propres perceptions sur ce que nous voyons, influençant ainsi notre interprétation du monde.

L'impact des a priori personnels

  • La réalité est souvent plus complexe qu'elle n'y paraît; par exemple, une personne souffrant de phobie sociale peut avoir des a priori négatifs sur sa perception par autrui.
  • Ces a priori peuvent mener à une anxiété accrue lors d'interactions sociales où l'information est limitée.

Ambiguïté dans les interactions sociales

  • Un individu phobique social peut croire que son audience ne s'intéresse pas à lui, tandis qu'une personne confiante pourrait penser que son discours est captivant.
  • Cette variation dans les perceptions montre comment nos expériences personnelles influencent notre compréhension des situations ambigües.

Cognition sociale et interprétations multiples

  • Les mathématiques offrent une structure claire pour éviter les ambiguïtés; par exemple, 2 x 2 ne peut pas être interprété comme autre chose que 4.

Comprendre l'ambiguïté et l'incertitude dans le contexte actuel

L'impact des opinions sur la perception de l'information

  • Les opinions polarisantes sur des pays comme l'Iran, Cuba, la Syrie, la Russie et les États-Unis influencent notre interprétation des articles que nous lisons. Ces articles ne peuvent pas toujours fournir un historique complet.
  • La nouveauté d'une situation augmente l'ambiguïté et l'incertitude. Dans le contexte de COVID-19, cela a conduit à des débats intenses, même au sein des familles.

Acquisition de connaissances face à une nouvelle information

  • Lorsqu'on est exposé pour la première fois à une information (comme un virus en Chine), il s'agit simplement d'une connaissance sans impact immédiat.
  • À mesure que plusieurs informations arrivent (par exemple, un cas en Italie), cela peut faire émerger une croyance qui peut être correcte ou incorrecte.

De la croyance à l'action : le schéma d'interaction

  • Une croyance peut évoluer vers une intention d'agir. Cependant, il existe souvent un écart entre cette intention et l'action réelle.
  • Cet écart est connu sous le nom de "gap intention-action", qui se manifeste souvent par la procrastination.

Procrastination et cognition

  • La procrastination n'est pas uniquement due à un manque d'intention ; elle peut également résulter de biais cognitifs liés aux habitudes personnelles.
  • Le laboratoire fondé par le conférencier étudie ce gap dans le contexte du réchauffement climatique où malgré les intentions exprimées, peu d'actions concrètes sont entreprises.

Mécanismes heuristiques dans la prise de décision

  • Lorsqu'il s'agit de prendre des décisions, nous utilisons souvent des mécanismes heuristiques qui simplifient nos choix sans calcul précis.
  • Ces heuristiques peuvent parfois mener à des erreurs si elles ne sont pas contextualisées correctement.

Conclusion sur les perceptions et actions humaines

  • La manière dont nous percevons les informations dépend fortement du contexte et de nos expériences passées. Cela influence notre capacité à agir efficacement face aux défis contemporains tels que ceux posés par COVID-19 ou le changement climatique.

Effet Stroop et Inhibition Cognitive

Introduction à l'effet Stroop

  • L'effet Stroop illustre la nécessité d'inhiber des réponses automatiques pour donner la bonne réponse. Par exemple, le lien entre les vaches, l'eau et le lait peut induire une confusion cognitive.
  • Le cerveau fonctionne de manière prédictive, cherchant à associer des mots avec des concepts connus, ce qui peut mener à des erreurs si les associations ne sont pas correctes.

Test de l'effet Stroop

  • Le test est souvent utilisé dans un cadre médical pour détecter des lésions frontales. Il met en évidence comment nous devons inhiber nos réponses automatiques pour répondre correctement.
  • Dans une première étape du test, il est facile de lire les mots (couleurs), mais dans une seconde étape où il faut lire la couleur de la police, cela devient plus difficile.

Effort Cognitif et Inhibition

  • Les participants ressentent physiquement l'effort nécessaire pour inhiber leurs réflexes automatiques afin d'activer un traitement cognitif plus délibéré.
  • L'incertitude influence notre rapidité de pensée; plus nous sommes incertains, plus nous avons tendance à faire des erreurs.

Stress et Incertitude

  • Le stress est un facteur clé qui module notre cognition en période d'incertitude, comme durant la pandémie de COVID-19.
  • Le stress n'est pas seulement psychologique; c'est une réaction biologique face à un danger physiologique.

Réaction au Stress

  • La réaction "fight or flight" prépare le corps soit à fuir soit à se battre face au danger. Cette préparation physique est essentielle pour survivre dans des situations menaçantes.
  • Dans le règne animal, le stress est bénéfique car il aide les animaux à se concentrer sur leur survie. Les animaux ne souffrent pas de burnout sauf en captivité.

Impact du Stress sur Homo Sapiens

  • Chez Homo sapiens, le stress peut devenir problématique dans un environnement moderne où les stimuli sont constants et prolongés.
  • Une expérience mentale montre que même chez nos ancêtres, une alerte rapide était cruciale pour évaluer les dangers potentiels dans leur environnement naturel.

Ambiguïté et Réactions

  • Face à un stimulus ambigu (comme un bruit dans les feuillages), il faut décider rapidement s'il s'agit d'un prédateur ou non; cette décision rapide peut entraîner des fausses alarmes avec coût énergétique associé.

Comprendre le stress et ses implications

La réaction au danger

  • L'importance de la fuite face à un danger potentiel est soulignée. Ignorer un signal d'alerte peut mener à des conséquences fatales, comme confondre un ours avec une simple brise.
  • Une sur-réaction face à un prédateur est considérée comme avantageuse sur le plan évolutif. Il vaut mieux être prudent que de risquer sa vie en sous-estimant une menace.

Évolution humaine et stress

  • Les humains ont survécu dans des environnements hostiles grâce à leur collaboration et leur cognition sociale pendant 185 000 ans, avant l'émergence des premières villes.
  • Aujourd'hui, les sources de stress ne sont plus physiques (comme les prédateurs), mais psychologiques, tels que la charge de travail ou le sentiment de dévalorisation.

Changement dans la réponse au stress

  • La réponse physiologique au stress (réaction "fight or flight") n'est plus adaptée aux dangers psychologiques modernes. Cela entraîne une chronicité du stress qui n'était pas présente auparavant.
  • Le stress chronique affecte la santé mentale et physique, provoquant fatigue et réponses émotionnelles exacerbées. Contrairement aux animaux qui gèrent le stress temporaire efficacement, les humains souffrent davantage du stress prolongé.

Stress lié à l'incertitude

  • Le livre de Robert Sapolski explique pourquoi les zèbres n'ont pas d'ulcères : ils subissent principalement du stress aigu, contrairement aux humains qui vivent souvent dans un état de tension chronique.
  • Dans notre monde moderne, nous réagissons physiquement à des stimuli psychologiques. Cette inadéquation entre la réaction corporelle et le type de danger peut causer divers problèmes de santé.

Impact du COVID sur le stress

  • La pandémie a introduit un nouveau type de danger biologique. L'incertitude liée au COVID a exacerbé le niveau de stress chez beaucoup d'individus.
  • Les personnes ayant réagi rapidement par précaution se sont protégées physiquement contre le virus, mais ce même niveau d'anxiété peut devenir nuisible lorsqu'il devient chronique.

Facteurs aggravants du stress

  • Le confinement a révélé que ceux qui étaient déjà anxieux pour des raisons psychologiques (emploi, santé familiale...) ont souffert davantage durant cette période prolongée d'incertitude.

Comprendre le raisonnement motivé

La perception et l'ambiguïté

  • Le cerveau humain a tendance à interpréter des stimuli ambigus en se basant sur des connaissances préexistantes, ce qui peut mener à des perceptions erronées.
  • L'ambiguïté est cruciale pour comprendre comment nous percevons les informations. Certaines zones du cerveau sont spécialisées dans la reconnaissance de visages, illustrant notre tendance à chercher des familiarités.

Raisonnement motivé : détective ou avocat ?

  • Le raisonnement motivé se manifeste de deux manières : comme un détective qui suit les preuves ou comme un avocat qui défend une position préétablie.
  • En politique, ce phénomène est particulièrement visible. Une étude sur les élections américaines de 2004 montre comment les partisans réagissent différemment aux contradictions selon leur affiliation politique.

Étude sur les élections présidentielles

  • Les participants démocrates et républicains ont été exposés à des vidéos contenant des contradictions. Les démocrates ont perçu ces contradictions chez Bush comme catastrophiques, tandis que pour les républicains, c'était moins grave.
  • Lorsque la motivation politique était absente, les deux groupes avaient une réaction similaire face aux contradictions neutres.

Activation neuronale et raisonnement motivé

  • Cette étude a révélé que le raisonnement motivé active différents circuits neuronaux, notamment dans le cortex préfrontal ventromédial et le cortex singulaire antérieur.
  • Ces activations neuronales varient qualitativement lorsque l'on cherche à se convaincre d'avoir raison.

Exemples contemporains de raisonnement motivé

  • Des exemples récents incluent la connexion erronée entre COVID-19 et la 5G, ainsi que des théories du complot impliquant Bill Gates.
  • Les croyances négatives peuvent amener certaines personnes à établir des liens infondés entre divers sujets sans preuve solide.

Réflexion critique et auto-doute

  • Il est essentiel d'adopter une attitude de doute envers soi-même plutôt que de remettre en question systématiquement les autres pour maintenir un raisonnement critique.

L'impact du raisonnement motivé et de l'illusion de connaissance

Raisonnement motivé dans la création personnelle

  • L'auteur partage son expérience d'écriture d'un livre, soulignant comment le raisonnement motivé peut influencer notre perception de la qualité de notre travail. Il a fait confiance aux retours de ses amis malgré sa propre conviction.

Conséquences du raisonnement motivé en entreprise

  • Le raisonnement motivé a conduit à des échecs notables, comme celui de Kodak, qui a ignoré l'importance de la photographie numérique qu'ils avaient pourtant inventée. BlackBerry a également sous-estimé l'iPad en raison d'une vision biaisée.

Illusion de connaissance : un phénomène universel

  • L'illusion de connaissance est décrite comme une tendance humaine à surestimer sa compréhension d'un sujet nouveau. Cela se manifeste par une confiance excessive au début, suivie d'une prise de conscience des lacunes dans nos connaissances.

La vallée du désespoir

  • Lorsque les individus commencent à explorer un nouveau sujet, ils passent souvent par une "vallée du désespoir", où leur confiance diminue alors qu'ils réalisent combien ils ne savent pas réellement.

Danger actuel : illusion plutôt qu'ignorance

  • L'orateur affirme que le plus grand danger aujourd'hui n'est pas l'ignorance mais l'illusion de connaissance. Cela s'est manifesté durant la polémique sur l'hydroxychloroquine, où beaucoup ont pris position sans expertise réelle.

Effet Cobra : un exemple illustratif

L'impact des décisions gouvernementales sur la population

Infestation de serpents et analogie avec le COVID-19

  • Une augmentation soudaine du nombre de serpents a conduit à l'annulation d'une prime, laissant les citoyens avec une infestation incontrôlée. Cela illustre comment des décisions mal informées peuvent engendrer des conséquences imprévues.

Stress individuel et perception de la connaissance

  • Le stress peut être positif ou négatif, influençant notre raisonnement. Les individus peuvent tomber dans l'illusion de connaissance, croyant comprendre quelque chose alors que ce n'est pas le cas.

Importance du contexte dans la communication

  • Il est crucial de ne pas se concentrer uniquement sur l'individu; le contexte joue un rôle essentiel dans la compréhension des comportements. Les informations doivent être contextualisées pour avoir un sens.

Messages contradictoires du gouvernement

  • Les messages contradictoires envoyés par le gouvernement (comme rester chez soi tout en encourageant à voter) compliquent la situation et rendent difficile le respect des consignes sanitaires.

Communication de l'incertitude

  • La tendance à rassurer les citoyens en évitant d'admettre l'incertitude peut nuire à la confiance. Les recherches montrent que les gens préfèrent une communication honnête sur ce qui est connu ou non concernant les masques et autres mesures sanitaires.

Rapidité des découvertes scientifiques face au COVID-19

Progrès rapides dans la recherche

  • En moins de deux mois, il y a eu une identification rapide du virus, développement de tests et essais cliniques pour traitements et vaccins, ce qui est sans précédent dans l'histoire médicale.

Acceptation de l'incertitude par le public

  • La population non chercheuse est rarement exposée à l'incertitude scientifique. Il est important d'apprendre à communiquer cette incertitude pour éviter une infantilisation des citoyens.

Responsabilité collective et comportement adulte

  • La nécessité d'un contrôle excessif sur les comportements adultes (comme fermer les parcs par manque d'agents pour surveiller les rassemblements) reflète une vision infantilisante envers les citoyens.

Cognition partagée entre dirigeants et citoyens

  • Les dirigeants sont également sujets aux biais cognitifs; ils doivent reconnaître leur propre incertitude afin d'améliorer la communication avec le public.

Conséquences d'une mauvaise communication gouvernementale

La Complexité de l'Adultification et de l'Infantilisation

Adultification des enfants et infantilisation des adultes

  • L'intervenant évoque la tendance à adultifier les enfants tout en infantilisant les adultes, ce qui est perçu comme problématique. Il fait référence au livre "Les vertus de l'échec" pour illustrer son point de vue.

Réflexion sur l'incertitude

  • Une citation de Dormeson souligne que l'évidence change constamment, ce qui est particulièrement pertinent dans des situations d'incertitude extrême.

Importance du partage des connaissances

  • L'intervenant insiste sur la nécessité de mettre en commun nos connaissances pour faire face aux défis, soulignant que même les plus grands esprits scientifiques s'appuient sur le savoir accumulé par leurs prédécesseurs.

La Science comme Effort Collaboratif

Collaboration scientifique

  • Einstein a exprimé son aversion pour le terme "génie", affirmant qu'il se tenait sur les épaules de géants, illustrant ainsi la nature collaborative de la science.

Évaluation par les pairs

  • Pour éviter les erreurs, il est crucial que d'autres experts évaluent le travail scientifique, car une personne non experte peut être facilement trompée par des informations erronées.

Les Illusions Cognitives et leur Impact

Raisonnement motivé et illusion de connaissance

  • Trois concepts clés sont abordés : le stress, le raisonnement motivé et l'illusion de connaissance (effet Dunning-Kruger), tous influencés par le contexte informationnel.

Distinction entre danger et risque

  • L'intervenant explique que le danger n'est pas toujours synonyme de risque. Par exemple, la 5G est classée avec un niveau similaire à celui du café en termes de risque cancérigène selon l'OMS.

Comprendre le Risque

Évaluation du risque vs. évaluation du danger

  • Le risque doit être compris comme une mesure probabiliste d'un danger potentiel. Monter des escaliers peut être dangereux sans constituer un risque élevé.

Pensée critique face aux opinions personnelles

  • Il est important d'accepter une certaine incertitude dans nos opinions et d'être ouvert à nuancer nos croyances plutôt que d'adopter une position binaire.

Acceptation de l'Incertitude

Importance d'une opinion éclairée

  • L'intervenant encourage à justifier ses opinions basées sur des connaissances solides plutôt qu'à se fier uniquement à des sentiments ou à des biais personnels.

Engagement dans la communication constructive

Réflexion critique et biais cognitifs

Importance de la variabilité dans le raisonnement

  • L'intervenant souligne que l'ambiguïté doit être réduite pour favoriser un contexte clair, en partageant une citation personnelle sur les dangers de penser que tout le monde devrait être comme soi.

Confiance en soi et raisonnement critique

  • Il évoque sa compréhension du raisonnement critique, affirmant qu'il ne peut pas se faire confiance entièrement. Il utilise la métaphore du "Bonto" pour illustrer son point de vue sur les biais.

Reconnaissance des biais

  • L'intervenant explique qu'après avoir étudié le raisonnement critique, il a réalisé qu'il est sujet à des biais et qu'il a besoin des autres pour compenser ces limitations.

Réflexion comme changement d'avis

  • Une citation du Docteur Who est partagée : réfléchir est une manière élégante de dire changer d'avis, soulignant l'importance de revoir ses pensées plutôt que de chercher à les confirmer.

Ressources supplémentaires sur l'autodéfense intellectuelle

  • L'intervenant mentionne son livre "Votre cerveau joue des tours" et propose des ressources en ligne gratuites pour approfondir le sujet, notamment un cours sur EDX.

Limites biologiques et perception

Perception individuelle malgré la proximité

  • Deux jumeaux distants d'un mètre sont utilisés comme exemple pour montrer comment même une petite distance peut influencer leur perception différente d'une même réalité.

Influence des biais cognitifs

  • Les limitations biologiques conditionnent nos perceptions et nos préjugés futurs. Une typologie des biais cognitifs est mentionnée, avec un lien vers un codex disponible en ligne.

Choix face à l'information excessive

  • La nécessité de faire des choix face à une surcharge d'informations est discutée. Les biais sont présentés comme inévitables dans notre processus décisionnel.

Utilité du débanquage (debunking)

  • Le débanquage est utile pour renforcer les arguments chez ceux qui sont déjà convaincus mais moins efficace auprès de ceux qui ne le sont pas.

Contextualisation des biais

Pourquoi activer les billets et non les biais ?

Distinction entre croyances et valeurs

  • La nécessité de séparer les croyances sur le fonctionnement du monde naturel des croyances morales et éthiques est soulignée.
  • L'idée que le raisonnement critique ne mène pas nécessairement à une pensée unique, mais plutôt à une diversité d'opinions sur des questions complexes comme la morale.

Complexité des valeurs individuelles

  • Les questions éthiques telles que la redistribution des ressources ou l'héritage sont abordées, montrant leur dépendance aux valeurs personnelles.
  • Les religions ont historiquement répondu à des questions sociétales, mais elles se sont transformées en symboles d'appartenance sociale.

Interprétation des textes religieux

  • Les textes religieux peuvent être interprétés de manière flexible pour soutenir diverses croyances, illustrant un raisonnement motivé extrême.

Utilisation de Wikipédia comme outil de recherche

Fiabilité et vérification des sources

  • Wikipédia est présenté comme un bon point d'entrée pour explorer des sujets controversés grâce à ses bandeaux d'avertissement sur la fiabilité.
  • L'importance de vérifier les sources citées dans Wikipédia pour établir la crédibilité de l'information est mise en avant.

Reconnaissance de l'ignorance

  • La prise de conscience de notre ignorance peut provenir soit d'autres personnes, soit par expérience répétée qui démontre une erreur.

Biais cognitifs et troubles psychiques

Impact des biais dans la psychologie

  • Le travail du psychologue inclut l'étude des biais cognitifs spécifiques aux différentes pathologies mentales.
  • La psychoéducation est utilisée pour expliquer comment le cerveau fonctionne face aux troubles psychiques.

Influence humaine sur l'intelligence artificielle

  • Même les IA développées avec des données spécifiques présentent des biais dus à l'influence humaine lors du codage.

Stratégies d'entraînement en intelligence artificielle

Approches variées dans le développement d'IA

  • Deux méthodes principales existent pour entraîner les IA : jouer contre elles-mêmes ou apprendre simplement les règles du jeu.

Réflexion sur la créativité post-Nobel

Les défis de la reproduction des prix Nobel

La rareté des prix Nobel

  • Gagner un prix Nobel est extrêmement rare, et il est encore plus difficile d'en obtenir deux. Cela explique pourquoi certains lauréats peuvent sembler perdre leur calme avec le temps.

L'expertise et ses limites

  • Des experts comme le professeur Montagnier, qui a reçu son prix pour des recherches sur le sida dans les années 80, peuvent s'exprimer sur des sujets en dehors de leur domaine d'expertise, ce qui peut mener à des affirmations erronées.

Illusion de connaissance

  • Lors d'une table ronde sur la 5G, des médecins ont discuté de physique sans avoir une compréhension adéquate du sujet, illustrant comment l'illusion de connaissance peut influencer les discussions scientifiques.

L'empathie et ses biais

  • L'empathie fait partie intégrante de notre cognition sociale. Avoir des biais envers nos proches est naturel et nécessaire pour maintenir des relations significatives.

Importance du doute

  • Pour sensibiliser ceux qui croient fermement aux fake news, il est crucial d'encourager un certain degré de doute plutôt que d'essayer simplement de convaincre. Le jeu entre persuasion et scepticisme est asymétrique.

La dynamique du débat scientifique

Asymétrie dans la persuasion

  • Dans le débat sur les vaccins, un médecin doit convaincre à 100 % tandis qu'un antivax n'a besoin que d'insinuer un petit doute pour semer l'hésitation chez les parents.

Équilibre dans les croyances

  • Il est essentiel d'établir un équilibre entre croire en ses convictions tout en restant ouvert à la possibilité qu'elles puissent être fausses. Cela nécessite une évaluation critique des preuves présentées par chaque partie.

Biais cognitifs et pathologies mentales

  • Les biais cognitifs sont présents dans diverses pathologies mentales. Bien que peu de livres existent sur ce sujet spécifique, il y a une recherche croissante autour des dynamiques groupales et individuelles liées aux biais.

Recherche académique sur les biais

  • Pour approfondir le sujet des biais cognitifs liés aux troubles mentaux, il existe plusieurs articles académiques disponibles en ligne. Cependant, peu de littérature exhaustive a été publiée jusqu'à présent.

Limites du débogage pseudoscientifique

Discussion sur les biais et l'éducation

L'importance des biais dans la vie quotidienne

  • L'intervenant évoque l'idée de créer des livres sur les biais, en se concentrant sur leur impact dans la vie ordinaire, notamment à travers des exemples personnels avec ses enfants et sa compagne.
  • Il mentionne également l'intérêt d'explorer les biais au sein des mécanismes groupaux, soulignant que ces contextes peuvent être particulièrement fascinants.

Ressources pour améliorer les conversations

  • Des ouvrages en anglais comme "Why Are We Yelling" de Buster Benson sont recommandés pour apprendre à avoir de meilleures conversations.
  • La "street épistémologie" est présentée comme une méthode efficace pour discuter avec autrui et potentiellement changer leurs opinions.

Éducation précoce sur les biais

  • L'intervenant plaide pour un apprentissage précoce des concepts liés aux biais à l'école, affirmant que cela devrait être intégré dans le programme éducatif.
  • Il mentionne la fondation Laama et le travail d'Elena Paskinelli qui a écrit des manuels scolaires destinés aux enseignants, intitulés "Esprit critique" et "Esprit scientifique".

Défis du système éducatif

  • Le conférencier souligne les difficultés rencontrées lors de la mise à jour du programme scolaire, notant que chaque changement de gouvernement entraîne un recommencement difficile.
Video description

Les biais cognitifs : visioconférence grand public avec Albert Moukheiber, chercheur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien. Événement organisé le 13 mai 2020 par l’Union des Savoirs. Nous avons intégralement rédigé les sous-titres pour les malentendants. Les sous-titres générés automatiquement sont peu compréhensibles. Si vous avez apprécié cette vidéo et souhaitez soutenir nos actions en faveur du partage de la connaissance : https://union-des-savoirs.fr/faire-un-don Suivez-nous sur les réseaux sociaux : https://www.facebook.com/UnionDesSavoirs https://www.linkedin.com/company/l'union-des-savoirs/ https://twitter.com/UnionDesSavoirs Plus d’informations sur notre site internet : https://union-des-savoirs.fr Albert nous montre avec des exemples percutants et des explications claires et passionnantes comment et pourquoi notre cerveau nous induit en erreur. Il nous propose également des pistes pour y remédier, afin d’aiguiser notre esprit critique, améliorer notre apprentissage de nouvelles connaissances, et perfectionner nos prises de décisions dans ce monde si complexe. Dr. Albert Moukheiber est chercheur en neurosciences et psychologue clinicien. Il a travaillé pendant 10 ans à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, se focalisant sur les troubles anxieux et la résilience. Installé en libéral depuis 6 ans, Albert donne également à l’université Paris 8 des cours de psychologie clinique et psychopathologie en Master 2. En parallèle, il a fondé avec d’autres chercheurs Chiasma, une structure qui se focalise sur le raisonnement critique et la flexibilité mentale. Enfin, Albert est conférencier et intervient en entreprise pour partager les dernières connaissances scientifiques autour de nos cognitions et comportements, et de leur impact sur notre vie quotidienne. Production : Lucas Pernollet Réalisation et montage : Anaïs Pierot Sous-titrage : Anaïs Pierot et Carline Desfontaines Produit par l'Union des Savoirs (UDS) Tous droits réservés