Complément d'Enquête. Les diamants noirs - 9 novembre 2017 (France 2)

Complément d'Enquête. Les diamants noirs - 9 novembre 2017 (France 2)

La crise de l'immigration clandestine en Libye

Contexte de la situation à Sabratha

  • Sabratha, un territoire contrôlé par des milices puissantes, est devenu le principal point de départ pour l'immigration clandestine en Méditerranée.
  • Après trois semaines de combats violents, l'armée libyenne a repris la ville aux miliciens spécialisés dans le trafic d'êtres humains.

L'ampleur du trafic humain

  • Les migrants africains sont souvent traités comme du bétail, achetant leur passage vers l'Europe à des prix exorbitants.
  • Entre 6 000 et 7 000 migrants ont été récupérés depuis la fin des combats, avec environ 15 000 migrants trouvés dans les hangars de Sabratha.

Profits colossaux du trafic

  • Les trafiquants gagnent entre un milliard et demi et trois milliards de dollars grâce au trafic d'êtres humains, qualifiant ces migrants de "diamants noirs".
  • Certains migrants paient jusqu'à 5 000 $ pour atteindre la Libye, ce qui représente des millions pour les trafiquants.

Le parcours périlleux des migrants

  • Le voyage commence dans divers pays africains (Sénégal, Guinée, Côte d'Ivoire), se poursuivant à travers une Libye dangereuse.
  • Bani Walid est une plaque tournante du trafic où règne une absence totale d'autorité et où les djihadistes opèrent régulièrement.

Conditions inhumaines vécues par les migrants

  • De nombreux migrants sont kidnappés et doivent payer une rançon pour être libérés; certains subissent des tortures horribles.
  • Sinaly Fofana témoigne avoir été torturé pendant six mois avant sa libération; sa famille a dû payer environ 3 300 euros pour sa liberté.

Intervention humanitaire

  • Des organisations comme Médecins Sans Frontières interviennent régulièrement pour aider les nouveaux arrivants menacés par leurs conditions précaires.
  • Aboubakar Diarrassouba partage son expérience traumatisante après avoir été battu; il reçoit maintenant des soins médicaux après sa récente libération.

Témoignages poignants des survivants

  • Rachel John, une Nigériane ayant accouché en détention, montre ses cicatrices et raconte comment elle a survécu malgré les abus subis pendant sa grossesse.
  • Elle décrit également la violence infligée aux enfants détenus avec elle, soulignant l’horreur du traitement réservé aux femmes enceintes et aux bébés.

La réalité des migrants à Bani Walid

Conditions de vie des migrants

  • Les enfants refusent de fumer, et Rachel renonce à rejoindre l'Italie, souhaitant rentrer au Nigeria mais se sentant coincée à Bani Walid sans ressources.
  • Le foyer est décrit comme le seul endroit où les migrants retrouvent un peu de dignité après avoir été libérés d'une douzaine de prisons.

Méthodes des trafiquants

  • Tous les témoignages décrivent une méthode implacable pour extorquer le maximum d'argent aux familles, avec des appels pendant les séances de torture.
  • Demba a écrit à sa mère pour demander une rançon, soulignant que certains parents vendent leurs biens pour réunir entre 500 et 3500 euros afin de payer les ravisseurs.

Peur et précautions

  • Beaucoup de familles hésitent à payer immédiatement la rançon par crainte que cela n'aggrave la situation ou ne mène à d'autres kidnappings.
  • Les migrants vivent dans la peur constante, sachant que leurs kidnappeurs sont proches. Un homme tente de protéger ces migrants en montrant les dangers qui les entourent.

Interventions et négociations

  • Un dignitaire local affirme avoir négocié la libération de 300 migrants prisonniers, mais souligne le danger d'intervenir contre les trafiquants armés.
  • L'intervention a été possible grâce à un accord avec ceux qui détiennent les migrants, bien qu'il soit difficile d'agir librement face aux menaces.

Témoignages sur la détention

  • Une vidéo montre des migrants décrivant l'horreur de leur détention : manque d'eau et nourriture, sévices physiques tels que tortures avec des pierres.
  • Al Hussein souhaite sensibiliser sur ce fléau qu'est la traite des migrants en Libye, où il n'y a pas véritablement de gouvernement en place.

Conflits locaux et défis

  • La lutte contre le trafic est compliquée par l'absence d'autorité gouvernementale; même après Kadhafi, le pouvoir reste fragmenté entre clans locaux.
  • Les actions contre les trafiquants doivent être menées avec prudence pour éviter un conflit ouvert qui pourrait causer plus de morts parmi les migrants.

Initiatives locales face aux décès

  • Certains habitants ont pris l'initiative d'enterrer clandestinement les corps des migrants décédés dans un cimetière improvisé près de Bani Walid.
  • Mohamed Bari explique que son association doit enterrer entre 25 et 30 corps chaque mois, témoignant du nombre tragique croissant des victimes.

La situation des migrants en Méditerranée

Besoin d'une intervention humanitaire

  • Il est essentiel d'enterrer dignement les personnes décédées lors de leur traversée, offrant ainsi une sépulture décente.
  • La colère face à la situation actuelle est palpable, soulignant l'urgence d'une réponse humanitaire.
  • L'absence de solutions durables nécessite une intervention de l'État pour résoudre le problème des migrants.
  • En 2016, plus de 5000 migrants ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée, illustrant l'ampleur tragique du phénomène.
  • Actuellement, il n'existe aucune donnée précise sur le nombre total de décès parmi les migrants.
Video description

En Libye, Bani Walid est l’une des plaques tournantes du trafic de migrants. Kidnappés, séquestrés, torturés, leurs familles sont souvent rançonnées. Un refuge est l'un des rares endroits où les rescapés se rétablissent. On l’appelle l'"hôtel Ivoire". Les équipes de "Complément d’enquête" ont pu s'y rendre et tourner des images exclusives. En Libye, à 150 kilomètres des côtes, Bani Walid est l’une des plaques tournantes du trafic de migrants. Des centaines d’Ivoiriens, de Sénégalais, Maliens ou Soudanais s’y sont retrouvés piégés par des milices armées, séquestrés pendant de longs mois dans des hangars aménagés en prisons. La technique ultime de leurs tortionnaires : électrocuter ou mutiler les migrants et téléphoner en direct à leurs familles pour obtenir une rançon, qui peut atteindre des milliers d’euros. Un reportage de Louis Milano-Dupont et de Florian Le Moal, diffusé dans "Complément d'enquête" le 9 novembre 2017. Le site de l'émission : http://www.francetvinfo.fr/france-2/c... Notre Facebook : https://www.facebook.com/https://www.... Notre Twitter : https://twitter.com/Cdenquete Catégorie Actualités et politique Licence Licence YouTube standard