La Révolution française racontée par Henri Guillemin

La Révolution française racontée par Henri Guillemin

Réflexions sur la Révolution française et l'Histoire

Anecdote personnelle sur Bernanos et Michelet

  • L'intervenant partage une anecdote de son séjour à Berne, où il a rencontré Bernanos, qui critiquait vivement Michelet pour avoir écrit une histoire fictive.
  • Il admet qu'à l'époque, il n'avait pas étudié Michelet en profondeur mais qu'après relecture, il commence à donner raison à Bernanos.

Critique de l'œuvre de Michelet

  • L'intervenant mentionne des études récentes sur la Révolution française, notamment celles d'Albert Sobou, qui remettent en question les idées de Michelet.
  • Selon Michelet, le mouvement de 1789 était désintéressé; cependant, cette vision est contestée par l'intervenant.

Émergence d'une nouvelle classe sociale

  • Au XVIIIe siècle, une nouvelle classe économique émerge en France: la richesse mobilière (commerçants et banquiers), contrastant avec la richesse immobilière (noblesse).
  • Cette nouvelle classe prend conscience de son importance et réclame un rôle dans la gestion des affaires nationales.

Conflit entre classes sociales

  • Les nouveaux riches estiment qu'il est inadmissible que seule l'aristocratie dirige le pays. Barnave devient un orateur clé pour représenter leurs intérêts.
  • Barnave souligne qu'une redistribution de la richesse nécessite également une redistribution du pouvoir politique.

Situation financière pré-révolutionnaire

  • La France fait face à une crise financière majeure en 1789; plus de la moitié du budget est consacrée au service de la dette.
  • Necker, trésorier royal suisse, joue un rôle central dans cette situation financière complexe.

Rôle des États généraux

  • Le roi convoque les États généraux pour résoudre la crise. Le Tiers État se bat pour obtenir reconnaissance et droits politiques.
  • Une distinction importante émerge entre les citoyens actifs (riches bourgeoisie capable de voter) et passifs (ouvriers).

Conditions économiques des ouvriers

  • Voltaire exprime que dans un pays bien organisé, le petit nombre gouverne le grand nombre. Cela reflète les aspirations bourgeoises pendant la Révolution.
  • Les ouvriers gagnent environ 20 sols par jour; cependant, avec l'augmentation du prix du pain avant 1789, leur situation devient intenable.

Émeutes et tensions sociales

  • Des émeutes éclatent à Paris en avril 1789 dues à des conditions économiques difficiles. Ces événements précèdent directement les États généraux.

Prise de la Bastille

  • Le roi renvoie Necker le 12 juillet 1789; cela provoque une réaction violente parmi les Parisiens qui prennent d'assaut la Bastille le 14 juillet.

Conséquences immédiates après la prise de pouvoir

  • Après cet événement marquant, les bourgeois réalisent qu'ils ont armé le peuple parisien et cherchent maintenant à contrôler cette puissance nouvellement acquise.

Création d'une milice bourgeoise

  • Pour sécuriser leur position face aux masses populaires armées, ils établissent une "Garde nationale" composée principalement de bourgeois capables d'acheter leur uniforme.

Déclaration des droits de l'homme

  • La Déclaration des droits de l'homme est adoptée ; elle proclame que tous les hommes naissent libres et égaux en droit mais ne s'applique pas uniformément aux différentes classes sociales.

Distinction entre citoyens actifs et passifs

  • La Constituante crée deux catégories : citoyens actifs ayant droit au vote selon leurs impôts payés et citoyens passifs sans droits politiques réels.

Cette structure met en lumière comment ces distinctions renforcent inégalités existantes tout en prétendant établir des principes démocratiques.

La Révolution française et ses conséquences

Contexte historique de la Révolution

  • Le 14 juillet 1790, un événement marquant pour la Fédération, rappelle les tensions politiques qui existent depuis longtemps en France.
  • Louis XVI a prêté serment à la Constitution, mais se sentait contraint par des menaces, ce qui l'a poussé à envisager de fuir avec sa famille.
  • Le roi comptait sur des régiments français, y compris des mercenaires étrangers comme des Polonais et Croates, pour renverser le gouvernement.

L'arrestation du roi

  • Le plan du roi échoue lorsqu'il est reconnu lors d'un changement de chevaux et ramené à Paris.
  • Les partisans de la monarchie tentent de minimiser les actions du roi en arguant qu'il n'était pas responsable de son échec.

La déchéance du roi

  • Un registre est ouvert au Champ de Mars pour que les citoyens signent une demande de déchéance contre le roi.
  • Le 17 juillet 1791, une foule désarmée se rassemble pour signer cette demande.

Répression violente

  • Sans avertissement, le maire de Paris ordonne l'ouverture du feu sur la foule pacifique, entraînant un nombre élevé de morts.
  • Cet événement est souvent sous-estimé dans l'histoire par rapport au 14 juillet 1789.

Transition vers une nouvelle Assemblée

  • L'Assemblée nationale se dissout et laisse place à l'Assemblée législative qui doit fonctionner selon la nouvelle Constitution.
  • Robespierre propose un renouvellement politique par le biais d'élections afin d'apporter plus d'humanité dans le personnel politique.

Les Girondins prennent le pouvoir

  • L'Assemblée législative élit principalement des notables riches connus sous le nom de Girondins.
  • Ces députés sont perçus comme représentant une oligarchie bourgeoise plutôt qu'une véritable représentation populaire.

Déclaration de guerre et motivations financières

  • En avril 1792, la France entre en guerre contre l'Autriche et Prusse sous prétexte d'une menace extérieure.
  • Cette guerre est présentée comme préventive alors que les véritables motivations sont économiques : assurer la stabilité financière interne.

Arguments contre la guerre

  • Robespierre s'oppose fermement à cette déclaration de guerre en soulignant que cela contredirait les principes humanitaires établis précédemment.
  • Il met également en garde contre les conséquences néfastes d'une intervention militaire armée sur l'image révolutionnaire française.

La Révolution Française et le Maximum

Contexte économique et social

  • La récolte de 1790 pourrait être insuffisante, entraînant des tensions sociales. Des accusations d'accaparement de blé, semblables à celles de Necker, circulent.
  • Le terme "maximum" émerge dans les campagnes françaises, symbolisant une demande croissante pour un contrôle des prix des denrées essentielles par les autorités.

Les Girondins et la liberté économique

  • Les Girondins s'opposent fermement à l'idée d'un maximum, considérant que cela entrave la liberté économique. Ils affirment que chaque commerçant a le droit de s'enrichir sans intervention étatique.
  • Cette position souligne leur croyance en une économie libre où l'État ne doit pas réguler les marges bénéficiaires.

Événements tragiques à Étempe

  • Le 3 mars 1792, un maire nommé Simono refuse d'instaurer un maximum sur les prix du pain, ce qui provoque la colère des journaliers affamés qui finissent par le tuer.
  • Cet événement est perçu comme un martyr pour la liberté par les Girondins et illustre l'agitation croissante parmi les classes populaires face à la crise alimentaire.

Tensions politiques et appel à la guerre

  • Robespierre critique ceux qui souhaitent déclarer la guerre pour détourner l'attention des problèmes internes liés à la nourriture.
  • Il met en garde contre le fait que désirer la guerre joue en faveur du parti autrichien, soulignant ainsi une manipulation politique sous-jacente.

La déclaration de guerre et ses conséquences

  • Le roi Louis XVI écrit au ministre Breteuil sur l'incapacité de l'armée française à soutenir une campagne militaire prolongée. Cela préfigure une déclaration de guerre inévitable contre l'Autriche.
  • Dès le 20 avril 1792, cette guerre est déclarée, entraînant rapidement des désastres militaires pour la France.

Réactions populaires face aux menaces extérieures

  • En réponse aux menaces prussiennes et autrichiennes, un manifeste est publié pour intimider Paris. Cependant, cela suscite plutôt une résistance accrue chez les Parisiens.
  • Le 10 août 1792 voit l'émergence d'une Commune insurrectionnelle demandant la déchéance du roi et marquant ainsi un tournant décisif vers une République.

Transition vers une nouvelle République

  • À partir du 10 août 1792, on assiste à une rupture avec le passé monarchique; tous les citoyens sont désormais considérés comme égaux sans distinction sociale.
  • Deux révolutions se distinguent : celle initiale (1789–1791), axée sur des réformes modérées; puis celle postérieure (à partir de septembre 1792), plus radicale et inclusive.

L'Assemblée nationale et ses défis

  • Une nouvelle Assemblée doit être élue après cette transition vers la République. Ce processus introduit le suffrage universel mais révèle aussi des disparités dans sa mise en œuvre.

Propriétés et droits sociaux

  • La Convention décide finalement d'appliquer la peine de mort au roi afin d'établir clairement une rupture avec le mythe sacré associé à sa monarchie.

Limites de propriété selon Robespierre

  • Robespierre plaide pour limiter le droit de propriété afin qu'il ne nuise pas aux droits fondamentaux d'autrui. Il évoque notamment l'esclavage comme exemple extrême où ce droit devient immoral.

Ces notes fournissent un aperçu structuré des événements clés autour du concept du "maximum", illustrant comment ces tensions économiques ont conduit à des changements politiques majeurs durant la Révolution française.

La Révolution et le Clergé

Le rôle du clergé dans la Révolution

  • Voltaire critique le clergé, soulignant que leur rôle principal était d'enseigner la résignation aux pauvres, les incitant à accepter leur sort.
  • Les constituants décident de créer une Église gallicane avec un clergé mieux rémunéré, mais sous contrôle du pouvoir politique.
  • Cette Constitution civile du clergé divise le clergé français : environ 50% acceptent les nouvelles conditions pour des salaires plus élevés.

Conflits religieux et politiques

  • Les "non-jureurs" (ceux qui refusent de prêter serment à la constitution) subissent des persécutions violentes, surtout sous le gouvernement girondin.
  • En mars 1793, malgré l'absence de persécution active, des révoltes éclatent en Vendée et en Bretagne, motivées par la conscription militaire.

Résistance paysanne

  • Les paysans se montrent réticents face aux appels révolutionnaires, préférant défendre leurs terres plutôt que de s'engager dans des conflits qu'ils ne comprennent pas.
  • La France est envahie par les forces austro-prussiennes alors que les paysans forment une résistance contre ce qu'ils perçoivent comme une menace extérieure.

Le Comité de Salut Public

Formation et fonctionnement

  • Le Comité de Salut Public n'est pas dictatorial ; il est contrôlé par la Convention nationale et ses décrets nécessitent validation.
  • Robespierre a une vision linéaire et doctrinaire tandis que Danton apparaît comme un opportuniste sans doctrine claire.

Danton : Opportunisme ou stratégie ?

  • Danton profite financièrement de la Révolution en acquérant des biens ecclésiastiques tout en maintenant des relations ambiguës avec le pouvoir royal.
  • Des révélations montrent que Danton reçoit secrètement des fonds de la Cour pour soutenir ses ambitions politiques.

La bataille de Valmy

Mythes et réalités

  • L'histoire héroïque de Valmy est remise en question ; il n'y a pas eu véritablement de combat décisif malgré les proclamations triomphantes.
  • Danton utilise cette victoire pour galvaniser l'opinion publique tout en négociant secrètement avec l'ennemi.

Création du Tribunal Révolutionnaire

  • C'est Danton qui propose l'établissement d'un tribunal révolutionnaire pour juger rapidement les suspects afin d'assurer sa propre sécurité politique face aux accusations croissantes.

Tensions internes au sein du gouvernement révolutionnaire

Rivalités entre factions

  • Alors que Danton cherche à maintenir son influence, Robespierre devient progressivement plus puissant au sein du Comité.
  • De nombreux départements se soulèvent contre Paris alors que la situation politique devient chaotique.

Stratégies militaires et économiques

  • Robespierre impose des mesures strictes contre l'accaparement des biens essentiels pendant une période économique difficile.
  • Il tente également d'améliorer l'efficacité militaire en remplaçant les généraux incompétents par des jeunes officiers prometteurs issus du peuple.

Ascension finale de Robespierre

Prise de pouvoir stratégique

  • Après avoir hésité à rejoindre le Comité, Robespierre finit par y entrer lorsque sa position devient critique après l'assassinat de Marat.

Changements radicaux sous son leadership

  • Robespierre abolit officiellement les droits féodaux restants tout en imposant une surveillance stricte sur les généraux pour éviter toute trahison envers la République.

La Trahison de la Reine et les Événements Révolutionnaires

Contexte de la Trahison

  • L'intervenant décrit Heber comme un homme élégant, mais souligne son acharnement contre Marie-Antoinette sans connaître encore l'ampleur de ses trahisons.
  • Il mentionne que la reine avait transmis des informations militaires aux Autrichiens, ce qui constitue une trahison grave.

Les Actions Contre Marie-Antoinette

  • Après l'exécution du roi, Heber s'acharne à faire condamner Marie-Antoinette, utilisant même le dauphin pour témoigner contre elle.
  • Le petit garçon est manipulé pour dire des choses compromettantes sur sa mère devant le tribunal révolutionnaire.

Danton et Robespierre

  • Chomette défend Robespierre face à Danton, affirmant qu'il faut lui faire confiance pour gérer la situation politique.
  • Robespierre obtient le vote d'une loi sur le maximum alimentaire en raison de la peur du peuple parisien.

Déchristianisation et Violence Antireligieuse

  • Une période de déchristianisation violente se manifeste dans plusieurs villes françaises, y compris Paris.
  • L'intervenant cite Bernanos sur la perte de foi parmi les gens déçus par les prêtres.

Analyse du Mouvement Révolutionnaire

  • Sabou étudie les procès verbaux des réunions populaires et conclut que la déchristianisation n'était pas un mouvement populaire mais orchestré par Danton.
  • Danton lance une campagne anti-religieuse malgré l'opposition potentielle de Robespierre qui prône la tolérance religieuse.

La Transformation des Églises

  • Eber ordonne la fermeture des églises à Paris, transformant Notre-Dame en temple de la Raison.
  • Fabre des Glantines introduit le calendrier révolutionnaire qui supprime les jours religieux au profit d'un système basé sur les saisons.

Opposition Politique et Manipulations

  • Des figures politiques comme Momoro sont utilisées pour influencer l'opinion publique contre l'Église.
  • Le Journal de Paris critique l'inefficacité du mouvement populaire antireligieux, soulignant que même ceux qui veulent aller à la messe ne sont pas soutenus.

Les Tensions Internes au sein du Gouvernement Révolutionnaire

  • Danton exprime son inquiétude face aux mascarades antireligieuses dans la Convention alors qu'il tente d'attirer Camille Desmoulins dans son camp.

Appel à Libérer les Prisons

  • Camille Desmoulins publie "Le Vieux Cordelier", appelant à libérer tous les prisonniers suspects sans triage préalable.

Risques Associés aux Libérations Massives

  • Robespierre craint que cette libération entraîne un danger pour la République avec des royalistes ou girondins potentiellement libérés.

Stratégies Politiques Contradictoires

  • Robespierre fait face à un double danger : d'un côté, les hbertistes et de l'autre, Danton. Il doit agir rapidement pour préserver sa position.

Décisions Cruciales et Conséquences

  • Après une maladie prolongée , Robespierre décide d'éliminer ses rivaux politiques , y compris Danton , ce qui marque un tournant tragique dans sa carrière .

La Révolution et le Rôle de Robespierre

Contexte Politique à Paris

  • À cette époque, Paris comptait 48 sections d'arrondissement. Les sections étaient cruciales pour le soutien politique, mais il y avait des tensions internes.
  • Robespierre a introduit la loi de prérial, principalement une loi d'intimidation, qui n'était pas destinée à être appliquée largement.

Exécutions Massives

  • En six semaines, le tribunal révolutionnaire a exécuté 1876 personnes, un chiffre alarmant comparé aux 1200 en six mois précédents.
  • Des exécutions massives ont eu lieu sous prétexte que Robespierre les avait exigées, même si ce n'était pas le cas.

Accusations et Manipulations

  • Des accusations d'athéisme ont été utilisées pour justifier l'exécution de divers individus, y compris des prêtres et des aristocrates.
  • Une phrase marquante évoque comment Robespierre était couvert du sang versé par ses ennemis pendant qu'il perdait son pouvoir.

Changements Législatifs

  • Le 21 juillet, la Convention a voté une nouvelle loi sur le maximum des salaires en réponse à l'augmentation des salaires imposée par Robespierre.
  • Cette décision a été perçue comme une manœuvre contre Robespierre alors qu'il était malade.

État de Santé de Robespierre

  • Malgré sa maladie apparente, Robespierre sortait avec son chien pour ne pas donner l'impression d'être trop affaibli.
  • Il exprime son désespoir face à la corruption et l'injustice croissante dans la République.

Conspiration Contre Robespierre

  • Une conspiration se forme contre lui avec des députés craignant ses intentions meurtrières.
  • Lors d'une confrontation au sein de la Convention, un député menace directement Robespierre avec un poignard.

Arrestation et Exécution Finale

  • Après son arrestation, peu de sections soutiennent encore Robespierre; seulement 17 sur 48 répondent à son appel.
  • Le lendemain de son arrestation voit une série d'exécutions où 106 têtes tombent en moins de 48 heures.

Conséquences Post-Robespierre

  • La chute de Robespierre est décrite comme une libération pour Paris; les restrictions sont levées et l'agitation sociale persiste.
  • Madame de Staël rouvre son salon après cette période tumultueuse tandis que les tensions sociales continuent d'affecter la ville.
Video description

Conférence donnée en 1973.