L'invention des Bas-fonds parisiens / Conférence 7 : Paris 1840 : Le baptême des Bas-Faonds
Clôture du Cycle de Conférences sur les Bas-Fonds
Introduction au Cycle
- Le parcours des bas-fonds à Paris se termine aujourd'hui, après avoir exploré divers lieux emblématiques tels que le Châtelet et le Palais Royal.
- Cette dernière étape est marquée par une réprobation et une fascination croissante pour les bas-fonds, un sujet qui a été abordé dans plusieurs conférences précédentes.
Présentation de Dominique Khifa
- Dominique Khifa, professeur à Paris 1 et spécialiste de l'histoire des marges et du crime, présente ses recherches sur les bas-fonds.
- Il a publié un ouvrage en 2013 sur ce sujet, intitulé "Atlas du crime à Paris", qui sera bientôt disponible en librairie.
Contexte Historique des Bas-Fonds
- La conférence vise à clore un cycle consacré aux bas-fonds, en lien avec l'exposition "Les Bafons du Baroque" ayant eu lieu récemment.
- L'expression "bas-fond" n'était pas utilisée auparavant; il s'agit d'une construction linguistique apparue vers 1840.
Exploration des Thèmes Abordés
- Les réalités des bas-fonds étaient présentes mais désignées différemment avant l'usage courant de ce terme.
- Des figures historiques comme Mandrin ou Cartouche illustrent la complexité du Paris criminel au 16e siècle.
Évolution de l'Expression "Bas-Fond"
- L'expression a évolué pour devenir commune en France et à l'étranger, représentant la pauvreté, le vice et les déviances sociales.
- Paris est devenu un archétype des bas-fonds, influençant la culture populaire notamment à travers la littérature.
Références Culturelles
- Le roman feuilleton "Les Bafons de Paris" d'Aristide Bruant illustre bien cette thématique; Bruant étant connu pour ses chansons évoquant la vie marginale parisienne.
- Ce roman a récemment été réédité, soulignant son importance historique malgré sa simplicité narrative.
L'évolution du terme "bas-fond"
Origines et significations anciennes
- Le terme "bas-fond" est intimement lié à un imaginaire ancien, avec des racines qui remontent bien avant 1840 à Paris.
- La désignation d'un concept ou d'une expression confère une nouvelle identité, transformant ainsi la perception de la réalité qu'elle représente.
Sens maritime et topographique
- Dans son acception maritime, le bas-fond désigne une étendue d'eau navigable mais dangereuse, où les écueils sont fréquents.
- Selon le Dictionnaire de l'Académie française (1718), un bas-fond est un endroit peu profond où il est facile de s'échouer tout en permettant la navigation.
Évolution vers des significations plus larges
- Au début du 18e siècle, l'expression commence à évoluer pour inclure des terrains déprimés et marécageux, souvent considérés comme malsains.
- En 1798, l'Académie française définit les bas-fonds comme des terrains fertiles mais souvent humides et inondés.
Transition vers le sens social
- Les connotations négatives liées aux bas-fonds apparaissent plus tardivement; initialement, il n'y a pas de référence aux individus dégradés ou malfamés.
- C'est dans les années 1860 que des lexicographes comme Émile Littré commencent à associer le terme à une classe d'hommes méprisables.
Réflexions sur la misère sociale
- Pierre Larousse décrit également cette classe d'hommes comme dégradée par le vice et la misère, soulignant une prise de conscience sociale croissante.
- Cette évolution linguistique reflète un mouvement du maritime au topographique puis au social, indiquant un changement dans la perception collective des bas-fonds.
Lien entre Environnement, Comportement et Maladie
Influence de l'environnement sur les comportements
- L'environnement joue un rôle crucial dans la manière dont les individus sont identifiables à travers des lieux spécifiques, soulignant une connexion forte entre espace et caractéristiques personnelles.
- Les espaces sont imprégnés de caractères qui influencent les comportements et les maladies, une notion qui évolue avec l'avènement de la médecine pasteurienne.
Évolution des perceptions médicales
- La transition vers une acception sociale des maladies montre que ces dernières ne peuvent être complètement dissociées des lieux où elles se manifestent.
- Les espaces associés aux maladies sont souvent perçus comme déprimés ou défavorisés, ce qui renforce l'idée d'une dynamique entre lieu et état social.
Caractéristiques sociales liées à la maladie
- La misère extrême, l'indigence et le vice sont des éléments essentiels pour comprendre la dynamique sociale autour de la maladie.
- Ces trois réalités (misère, vice, crime) interagissent pour créer un état social instable qui est fréquemment décrit dans divers récits.
Perspectives divergentes sur la causalité
- Il existe différentes perspectives sur la relation entre misère, vice et crime : certains pensent que c'est la misère qui engendre le vice tandis que d'autres soutiennent que c'est le vice qui cause la misère.
- Cette dualité dans les interprétations reflète des positions politiques variées allant du progressisme au libéralisme.
Exemples historiques illustrant ces concepts
- Octave Ferré souligne que "la misère a donc commencé leur malheur à tous", établissant un lien direct entre misère et criminalité.
- Des enquêtes menées par des médecins écossais montrent également cette convergence entre pauvreté, prostitution et crime dans différents contextes urbains.
L'émergence du terme "bas-fonds" en 1840
Contexte historique et littéraire
- L'expression "bas-fonds" apparaît dans plusieurs textes de 1840, ce qui est surprenant étant donné que trois auteurs différents l'utilisent sans lien apparent entre eux.
- Honoré de Balzac est le premier auteur mentionné, utilisant le terme dans son roman moins connu "Z marcas", publié dans la revue parisienne en juillet 1840.
- À cette époque, le roman feuilleton commence à se développer, et Balzac publie ses œuvres dans des revues, intégrant ainsi des thèmes sociaux et politiques.
Analyse des textes
- Dans "Z marcas", Balzac évoque les assassinats et les conspirations, décrivant un monde où l'intelligence semble absente mais où se cache une richesse de talents.
- Le texte souligne une dichotomie entre les sphères sociales supérieures et inférieures, introduisant l'idée que même dans les bas-fonds, il existe des talents cachés.
Autres auteurs contemporains
- Un autre auteur de 1840 est Constantin Pecqueur, un économiste social qui aborde les inégalités économiques. Son ouvrage traite des classes riches et de leur impact sur la population misérable.
- Pecqueur décrit comment les troubles économiques peuvent engendrer des chefs de bande parmi les classes défavorisées, reliant ainsi économie et criminalité sociale.
Réflexion sur la société
- Honoré Frégier est également mentionné pour son travail sur les classes dangereuses dans les grandes villes. Il a remporté un prix académique pour son mémoire sur ce sujet en 1838.
- Bien que le manuscrit original ne soit pas conservé, Frégier utilise l'expression "bas-fonds" dans sa version publiée en 1840 pour décrire ces classes sociales problématiques.
Diffusion du terme
- L'année 1840 marque une période clé où le terme émerge simultanément dans divers registres : littérature, économie politique et contrôle social.
- Cette diversité d'utilisation contribue à façonner l'imaginaire collectif autour des bas-fonds jusqu'à aujourd'hui. Le mot se diffuse rapidement à travers ces différentes disciplines.
L'Évolution du Terme "Bas-Fond" à Travers les Langues
Utilisation et Diffusion du Mot "Être"
- Le mot "être" est utilisé par de nombreux auteurs, et son développement sera exploré dans plusieurs langues latines, notamment l'espagnol et l'italien.
- En français, le terme "bas-fond" se développe rapidement, tandis que le portugais n'adopte pas d'équivalent direct mais utilise des expressions françaises.
Équivalents Linguistiques
- Le mot anglais "Underworld", qui signifie littéralement "sous le monde", a été utilisé depuis le 17e siècle pour désigner les enfers païens, en opposition à l'enfer chrétien.
- Au 19e siècle, ce terme prend un sens social similaire à celui de "bas-fond", caractérisant la pauvreté et la délinquance.
Apparition aux États-Unis
- En 1869, le terme apparaît dans un texte américain intitulé The Woman of New York or the underworld of the great city, marquant une diffusion rapide du concept.
- Bien que le sens moderne d'"Underworld" soit associé au crime organisé depuis les années 1920, son utilisation initiale était plus proche de celle de "bas-fond".
Contexte Social et Culturel
- Les termes comme "slums" en anglais décrivent spécifiquement des lieux de misère. D'autres mots tels que "low life" sont également utilisés pour caractériser ces réalités sociales.
- En allemand, le terme "unterwelt" émerge dans les années 1870 avec un destin similaire à celui d'"Underworld", évoluant vers une connotation de crime organisé après la Première Guerre mondiale.
Influence Littéraire
- À partir des années 1840, Paris devient un centre où se diffusent des expressions liées aux bas-fonds. Ces termes traduisent des réalités similaires dans différentes sociétés occidentales.
- Le roman feuilleton Les Mystères de Paris d'Eugène Sue (1842), explore les lieux malfamés de la capitale française et contribue à populariser l'expression "bas-fond".
Personnages Marquants
- Dans Les Mystères de Paris, des personnages emblématiques comme Rodolphe et Fleur de Marie incarnent la misère et le vice présents dans ces milieux sociaux défavorisés.
- L'œuvre met en lumière l'univers complexe du crime et du vice parisien au cœur même des bas-fonds.
L'impact des Mystères de Paris sur la littérature mondiale
Succès et imitation des Mystères de Paris
- Les Mystères de Paris ont connu un succès extraordinaire, non seulement en France mais aussi à l'échelle mondiale, entraînant une vague d'imitations et de plagiats.
- Une équipe de chercheurs de l'Université de Montpellier a entrepris une enquête quantitative pour explorer le phénomène des mystères urbains.
Recherche et découverte
- Grâce à l'informatisation des catalogues bibliographiques, les chercheurs ont pu analyser les publications liées aux mystères dans le monde entier.
- Ils ont découvert des centaines de mystères publiés dans les 20 ans suivant la sortie originale, avec certains apparaissant bien plus tard.
Cartographie et diffusion culturelle
- Une cartographie des mystères a été réalisée et mise en ligne sur le site Mia 19, géré par l'Université Laval de Québec et l'Université de Montpellier.
- Ce phénomène est considéré comme un premier exemple significatif de mondialisation culturelle médiatique, diffusant largement ces récits à travers le monde.
Évolution du genre littéraire
- Entre 1845 et 1860, plus de 150 titres portant "le mystère" ont été publiés aux États-Unis, illustrant la popularité du genre même dans des villes moins connues.
- Des œuvres comme Les Misérables d'Hugo (publiées en 1862), bien que postérieures aux Mystères, s'inscrivent dans cette dynamique littéraire influencée par ces récits populaires.
Influence d'Hugo sur la représentation sociale
- Hugo a composé Les Misérables entre 1845 et 1848, intégrant les thèmes abordés dans les Mystères tout en cherchant à dépeindre une ascension sociale à partir des bas-fonds.
- Le personnage principal Jean Valjean illustre cette lutte pour élever son statut social malgré ses origines difficiles.
Engagement politique et contexte historique
- Après les révolutions de 48, Hugo s'engage politiquement; son exil après le coup d'État de Louis Napoléon Bonaparte ralentit sa production littéraire.
- La publication finale des Misérables en 1862 reflète un Paris transformé par les changements sociaux et politiques qui avaient eu lieu depuis sa conception initiale.
Exploration des Bas-Fonds et de leur Imaginaire
La Caverne du Mal Absolu
- Les bas-fonds sont décrits comme la caverne ultime, un lieu de destruction et de mal absolu, symbolisant les pires aspects de la société.
Les Bandits et l'Influence Littéraire
- Mention des bandits célèbres tels que ceux de Montparnasse, qui incarnent le mal dans l'œuvre "Les Misérables" de Victor Hugo, soulignant l'impact littéraire sur la perception des bas-fonds.
Émergence du Terme "Bas-Fonds"
- En 1862, Henri Meunier publie "Les Bafons de la Société", marquant une popularisation du terme qui devient emblématique pour décrire les classes marginalisées.
L'Héritage Historique et Culturel
- Référence à la Cour des Miracles, illustrée par Gustave Doré, qui évoque un imaginaire ancien lié aux bas-fonds. Ce concept est plus une construction littéraire qu'une réalité historique.
Transformation au XIXe Siècle
- Le XIXe siècle voit une réinterprétation des bas-fonds, influencée par des récits bibliques et médiévaux. Cette période redéfinit les pauvres en introduisant le concept du "mauvais pauvre".
Contexte Social et Politique
- La théologie chrétienne a transformé la perception des pauvres au Moyen Âge. Le mauvais pauvre devient responsable de sa pauvreté en raison des crises économiques.
L'Émergence d'un Imaginaire Nouveau
- Au XIXe siècle, cet imaginaire ancien se structure autour d'une nouvelle réalité sociale. Cinq raisons expliquent cette évolution : notamment l'impact de la Révolution française sur les classes populaires.
Peur Politique Post-Révolutionnaire
- La Révolution française a suscité une peur parmi les élites face à un potentiel soulèvement populaire. Cela a ouvert un débat sur le rôle politique croissant des classes inférieures dans la société occidentale.
La menace de la populace et les révolutions du 19e siècle
La perception des élites sur la populace
- Les élites considèrent l'irruption de la populace comme inacceptable, redéfinissant cette menace avec des termes horrifiques pour décrire son impact sur la scène politique.
- Au 19e siècle, toutes les insurrections sont perçues par les observateurs comme un débordement des classes inférieures, illustrant une peur généralisée face à ces mouvements populaires.
L'image du lumpen prolétariat
- Marx et Engels introduisent le concept de "lumpen prolétariat" en 1845 pour désigner les classes méprisables qui nuisent à leurs propres intérêts de classe tout en représentant un danger politique.
- Ce sentiment d'une menace existentielle est renforcé par l'idée que ces groupes peuvent provoquer une subversion politique radicale.
Transformation économique et sociale
- Le 19e siècle est marqué par une transformation économique due à l'industrialisation, créant de nouvelles classes sociales appelées prolétariat.
- Cette industrialisation entraîne un scandale moral lié au fait que ceux qui travaillent ne peuvent pas vivre décemment, ce qui soulève des préoccupations éthiques profondes.
Représentation négative des classes inférieures
- Les descriptions péjoratives des ouvriers incluent souvent des stéréotypes racistes et dégradants, renforçant l'idée d'une réalité sociale insupportable.
- Les Irlandais affamés et d'autres groupes sont décrits comme sales et malfaisants dans le contexte industriel, accentuant le mépris envers ces populations.
Évolution de la pensée religieuse
- Le milieu du 19e siècle voit une évolution vers une foi catholique plus bienveillante, cherchant à sauver davantage d'âmes plutôt qu'à condamner.
- Cette période est marquée par un intérêt croissant pour le purgatoire et une tendance à réduire la notion d'enfer au profit d'une vision plus séculière.
Expansion coloniale et représentations similaires
- À partir des années 1830, une nouvelle vague de colonisation se développe, caractérisée par des descriptions négatives similaires entre les classes inférieures occidentales et les populations colonisées.
- Les explorateurs décrivent souvent les peuples colonisés avec un langage similaire à celui utilisé pour parler des bas-fonds urbains en Occident.
Exploration des bas-fonds et de la culture urbaine au 19e siècle
L'imaginaire des bas-fonds
- Le cœur de l'Amérique est souvent associé à des images d'exploration, où les nouveaux sauvages sont découverts, reflétant une vision stéréotypée du monde.
- Les termes utilisés pour désigner les voyous, comme "thug" ou "Apache", montrent comment ces figures sont perçues dans différentes cultures urbaines, notamment à Paris.
- Le général B. publie en 1890 un livre sur "l'Angleterre la plus sombre", s'inspirant du reporter Stanley et soulignant les similitudes entre Londres et d'autres grandes villes industrielles.
La culture de masse et ses implications
- Le 19e siècle voit l'émergence de la culture de masse, avec des productions destinées à toucher un large public, illustrées par les "mystères de Paris".
- Cette culture exploite le motif des bas-fonds, faisant ainsi écho aux réalités sociales et économiques de l'époque.
Réassemblage d'éléments anciens dans un nouveau contexte
- Bien que le concept des bas-fonds ne soit pas nouveau, il est réassemblé dans le cadre d'une Europe industrialisée qui lui donne une nouvelle signification.
- Le terme "bafon" devient emblématique pour décrire ces espaces urbains marqués par la pauvreté et le crime.
Questions sur l'urbaphobie et son développement
- Une question se pose sur le lien entre l'urbaphobie croissante au 19e siècle et la perception négative des villes comme étant nuisibles pour la santé mentale et physique.
- Il est noté qu'il n'y a pas de bas-fonds en dehors des villes; même si la misère existe en milieu rural, elle n'est pas perçue comme telle.
La ville comme symbole du mal
- Dans l'imaginaire judéo-chrétien, la ville est souvent associée au mal, sauf pour Jérusalem qui représente une exception positive.
- Ce lien entre urbanité et immoralité est particulièrement présent durant les crises urbaines du milieu du 19e siècle à Paris.
Perspectives géographiques sur les bas-fonds
- Une interrogation émerge concernant si le concept de bas-fonds était limité à Paris ou s'il s'étendait également à d'autres villes françaises comme Bordeaux ou Lyon.
- La question se pose aussi quant à l'impact de l'éclairage au gaz sur la perception des quartiers riches versus pauvres.
Littérature et éclairage à Paris
Influence de la littérature anglaise sur la littérature française
- La question de l'antériorité de la littérature anglaise, notamment Dickens, par rapport à Eugène Sue est soulevée. Les Mystères de Paris marquent un tournant dans la littérature française.
- Des mystères existent dans plusieurs villes françaises, comme Lyon, Nantes et Bordeaux. Dijon a une résistance notable avec des mystères tardifs.
Éclairage au gaz et perception des bas-fonds
- L'éclairage au gaz commence à se diffuser à Paris entre 1830 et 1840, influençant la manière dont les bas-fonds sont perçus.
- Les sources historiques sur les bas-fonds proviennent principalement d'élites extérieures; il n'existe pas de sources endogènes significatives.
- Le rapport symbolique à l'éclairage est crucial : on ne découvre les bas-fonds qu'avec un éclairage adéquat, laissant d'autres parties dans l'ombre.
Contexte littéraire contemporain
- Dickens est contemporain des événements discutés; ses œuvres majeures datent des années 1830 à 1850.
- L'industrialisation en Angleterre précède celle en France, mais c'est seulement dans les années 1830 que la littérature commence réellement à explorer le monde social.
Réflexions sur le paupérisme et le travail
- La question du paupérisme est abordée : certaines régions d'Europe pourraient voir leurs habitants incapables de vivre dignement malgré leur travail.
- Travailler plus pour gagner plus peut mener à une baisse de qualité du travail ou même à une simulation du travail.
Géographie parisienne des bas-fonds
- Une demande est faite pour décrire brièvement la géographie parisienne des bas-fonds durant les années 1830–1840.
- Le cœur historique de Paris abrite ces zones; elles incluent notamment le quartier Maubert sur la rive gauche et divers points périphériques classiques.
- Des lieux spécifiques comme Monfucon sont mentionnés pour leur importance historique liée aux pratiques sociales et criminelles.
L'âge d'or de Paris et les bas-fonds
L'âge d'or urbain à Paris
- L'intervenant évoque l'âge d'or de Paris, spécifiquement la Belle Époque autour de 1900, comme un moment unique dans l'histoire urbaine.
- Il souligne que pour étudier les bas-fonds, il est essentiel qu'ils existent réellement, ce qui remet en question leur existence en tant que construction imaginaire.
La réalité des bas-fonds
- Bien qu'il existe des personnes marginalisées (pauvres, prostituées, criminels), l'idée d'un groupe homogène partageant une culture commune est considérée comme un fantasme.
- Des exemples historiques montrent que certains bas-fonds ont été créés par des institutions étatiques, comme le bagne de Cayenne ou Blackwell Island à New York.
Les représentations et perceptions des communards
- L'intervenant aborde la Commune de Paris et son image radicale. Il s'intéresse aux figures emblématiques qui étaient souvent perçues négativement par la propagande anti-communarde.
- Les communards étaient principalement des ouvriers et militants révolutionnaires, mais leur représentation a été déformée pour les présenter sous un jour négatif.
Colonisation et idéologie
- La discussion se tourne vers la colonisation où l'idée d'apporter "la civilisation" aux "sauvages" est mise en avant. Cela soulève des questions sur les motivations derrière ces actions.
- Bien que certaines intentions aient été nobles, il y avait aussi des motivations plus complexes derrière les actions coloniales.
Sociologie et déviance
- L'intervenant mentionne le rôle crucial joué par les mouvements religieux dans la lutte contre les bas-fonds au XIXe siècle.
- Il fait référence à la sociologie de Chicago qui a émergé dans les années 1915–1920 pour analyser les déviances sociales, soulignant son importance pour comprendre ces dynamiques.
Les Motivations Philanthropiques et Religieuses de l'Éducation
Origines de l'Université de Chicago
- L'Université de Chicago a été fondée sur des motivations philanthropiques et religieuses, principalement issues de l'église baptiste.
- Contrairement à l'Église catholique, les églises réformées protestantes ont joué un rôle significatif dans la création d'institutions éducatives.
Représentation des Bas-fonds
- Les descriptions des bas-fonds sont souvent teintées d'exotisme, visant à exploiter la misère pour le divertissement ou la curiosité.
- La discussion aborde comment ces représentations peuvent être liées aux réalités du colonialisme et à la misère sociale.
Culture de Masse et Imaginaire Contemporain
Dangerosité des Bas-fonds Modernes
- Le concept des bas-fonds est associé à une forme d'antisémitisme, où la culture populaire se nourrit d'inculture.
- Une question est soulevée sur l'émergence d'une nouvelle culture de masse via Internet, avec des théories du complot et des idées extrêmes.
Évolution de l'Imaginaire Social
- L'imaginaire lié aux bas-fonds a évolué vers le Dark Web et les médias contemporains comme le cinéma et la bande dessinée.
- Bien que cet imaginaire ait changé, il conserve ses caractéristiques fondamentales telles que les complots et les conspirations.
Les Mystères de Paris : Contexte Historique
Récits Contradictoires sur Eugène Sue
- Deux versions expliquent pourquoi Eugène Sue a écrit "Les Mystères de Paris" : une conversion au socialisme ou une recherche d'un sujet romanesque.
- Sue était en difficulté financière en 1839, cherchant un moyen d'exploiter sa situation pour écrire un roman sur Paris.
Impact Littéraire
- "Les Mystères de Paris" a été écrit sous forme de feuilleton, ce qui a permis à Sue d'adapter son récit en fonction du succès immédiat auprès du public.
La transformation sociale d'Eugène Sue
Correspondance et engagement social
- Eugène Sue reçoit des lettres de lecteurs qui le félicitent pour son travail, ce qui l'encourage à développer une fibre sociale. Il commence à s'identifier comme un véritable socialiste, mais cette transformation se manifeste principalement dans son écriture et ses interactions avec les lecteurs.
- Dans ses œuvres, notamment "Les Mystères de Paris", il répond aux critiques des lecteurs sur la représentation de la vie quotidienne. Cela l'incite à améliorer ses descriptions et à affiner son texte au fil du temps, renforçant ainsi son engagement envers le socialisme.
Conversion radicale et implications politiques
- La pensée d'Eugène Sue évolue vers une vision sociale plus radicale, influencée par les idées démocratiques de l'époque. Son engagement culminera lors de la Révolution de 1848 où il devient député, mais cela aura des conséquences tragiques sur sa vie personnelle.
- Après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, Sue est contraint à l'exil. Sa fin est marquée par la misère; il meurt près du lac d'Ancy en 1852 ou 1853. Cette trajectoire souligne la sincérité de sa conversion au socialisme, qui se développe non pas avant mais pendant son parcours littéraire face aux réalités sociales complexes.